Depuis plus de quarante ans, je m’intéresse à la manière dont les artistes et artisans du monde iranien prémoderne ont créé leurs oeuvres. De la pratique de la peinture « en miniature » à celle du persan, mes recherches ont d’abord porté sur les textes susceptibles de me renseigner sur les techniques de peinture et des arts du livre (fabrication des papiers et leurs décors, pigments, encres et instruments, reliure).
Suivant une démarche semblable, je me suis consacré dans un deuxième temps à rassembler des informations sur la fabrication des céramiques, les process de leur production (ingrédients, modes de cuisson).
Il est frappant de constater que pendant longtemps, les historiens de l’art occidentaux qui s’intéressaient aux arts dits « islamiques » n’avaient souvent qu’une connaissance superficielle des langues parlées dans leurs régions d’étude.
En contrepied, ce type d’approche centré sur les textes techniques suit une vision qui se place autant que possible au niveau des objets et des gestes de leurs créateurs et non du point de vue d’un historien de l’art occidental « classique ».
